21.7.07

Contribution de mon ami Simon Nolet

salut bitch

V'là quelques textes que j'ai écrits:

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Le sanglier, le rat

Le temps d’entamer l’endos
Souiller les pores de la peau
Cordes, crampons, piolet, baudrier,
mousquetons et magnésie
Attaquer la face cachée

Léchant le sang de nos mains
Le rongeur réchauffe le sien
Enfile un casque, un maillot, un tuba,
des lunettes et puis des palmes
Nager au sein d’un macchabée

Truffe inhumée sous nos pieds
Fouit le groin d’un grand sanglier
Le couperet, les ciseaux, le hachoir,
les couteaux, le désosseur
Charcuter dans l’intimité

Le phacochère et le rat
Laissent en jachère un terrain las
On prend la pelle et la fourche, le râteau
le balai, le sécateur
Jardiner dans l’obscurité


La bête enquête sous la lie
Le sot-l’y-laisse et le confit
Depuis le rat, le sanglier
J’ai enfin appris à chasser

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Faux-semblant

Monsieur Robert, fier de sa terre
Labourait bien à sa manière
Pas de rang droit, que des coins ronds
Tenait sa faux comme un crayon

Le vieux fermier cultivait l’art
Vivait sa culture à l’écart
Demandait qu’on le laisse seul
Discuter avec un tilleul

Les gens des rangs ont proclamé:
«Tenons séance au poulailler»
Un vieux troupeau bardé d’oeillères
Bombant le torse, le nez en l’air

Les ongles noirs, le collet gras
Le fumier chic craignait les rats
Le curé brandit son sermon
Le Maire vomissait l’oraison:

“Le vieux Robert de nous diffère
Cultive trop à sa manière
Réagissons braves moutons
Saigner la bête sans violon"

La corde aux pieds, le tête en bas
Lentement, Robert se vida
Le sang coula jusqu’au tilleul
Saoûlant l’arbre devenu seul

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Le temps long

Et tombent, et tombent les secondes
L’une l’attend, l’autre descend
s’étiolant et s’essoufflant
un point virgule dans une fronde

Silencieusement le temps s’étend
comme une marrée pour sa mer
un trait d’union si court mais fier
appuyant «pause» pour un moment

C’est un casanier nonchalant
un immobile, un résidant
Une oriflamme qui s’impatiente
criant, hurlant sans la tourmente

C’est le temps long, c’est le temps long
C’est encore trop, c’est toujours peu
retour de vague et de son creux
C’est le temps long, c’est le temps long

En italique, en son confit
réserve son carractère gras
Rien ne l’appaise, non rien ni fit
la persistence vient au trépas

C’est le printemps serrant les dents
il s’accélère, et reprend vie
se raccourcit, s’enorgueillit
Allez vous en, c’est qu’on m’attend

C’est le temps long, c’est le temps long
C’est encore peu, c’est toujours trop

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L’envie

Elle tombe en ma terre d’accueil
Se cache et rampe sous un linceul
L’envie des mots, la peur du sot
se montrer bien, et feindre beau

Classé bien loin dans un recueil
propret, ciré, lustré mon œil
Le goût du goût, des vanités
pour l’air d’aimer et d’être aimé

Tare avachie dans son fauteuil
parlant du chic de son cerceuil
Cupidité en son duché
Mais non, mais non, je vais payer

Attendez-moi, emmenez-moi
Laissez-moi croire que je suis vous
Laissez mirroir que je dise Nous
Allez, allez, présentez-moi

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